CO129-473 - Individuals - 1921 — Page 262

CO129 Colonial Office Hong Kong Records 理藩院香港檔案 All

milliers de familles russes qui ont trouvé leur refuge dans ma patrie. Les sympathies de mon pays, de mon gouvernement, ainsi que les miennes, ne sont ni moins sincères, ni moins profondes que celles de n'importe lequel d'entre vous. Le peuple serbe aurait volontiers donné jusqu'à son dernier denier pour venir en aide à ses frères russes qui meurent de faim; mais le peuple serbe n'a aucune confiance ni dans les intentions ni dans les paroles des dirigeants de Moscou.

Ce n'est pas dans la sécheresse qu'il faut chercher la principale cause des malheurs de la Russie, mais dans le régime bolcheviste, dans ce régime qui a fait de la Russie un véritable enfer. Le bolchevisme est la négation de tout régime socialiste, de tout régime sensé. Il n'a su, jusqu'à présent, que détruire, Le communisme russe a réussi admirable- ment à réaliser son idéal infernal, c'est-à-dire à établir partout l'égalité dans la misère.

En effet, Messieurs, les dirigeants de Moscou ont rendu égaux tous les bourgeois, tous les ouvriers, tous les paysans de Russie, égaux par la misère et dans la misère. Le bol- chevisme est un cas pathologique. C'est une maladie. Elle a commencé par un delirium tremens. Elle a dégénéré en une paralysie progressive qui est en train d'aboutir lente- ment à la mort économique de la Russie.

Avec la diminution du travail et de la production, ce sont d'abord les habitants des villes qui ont commencé à fuir dans les campagnes. Bourgeois et ouvriers ont aban- Jonné peu à les villes et les usines et sont allés dans les

peu villages pour y chercher de quoi se nourrir. Puis, par suite de mesures communistes, par suite de l'application de leurs doctrines à la vie sociale, par suite de la nationalisation de la terre et des réquisitions incessantes des biens des paysans, la production a commencé à diminuer également dans les campagnes, et, enfin, elle a complètement cessé. Et main- nant, que voyons-nous ? Au moment où la nature envoie ir la Russie ce nouveau malheur qu'est la sécheresse, no05 yons que des villages également en commence à fuir. Ce it des milliers et des milliers d'êtres humains, vieillards, mmes et enfants qui s'enfuient dans la direction de l'est, ir les routes et dans les forêts qui conduisent vers la Sibérie, ers le Turkestan, cherchant à assouvir leur faim en mangeant 'écorce des arbres et même de la terre, et multipliant les

metières le long des routes.

Toutes les richesses de la Russie, sa fortune publique "amme sa fortune privée, ont été ainsi gaspillées par le égime bolcheviste, notamment pour une propagande in- ensée, dans le but de faire la révolution sociale universelle sur le modèle de la révolution russe, et avec toutes ses con- séquences, dont la première est la dictature du prolétariat, ce qui signifie la dictature dans la misère de tout le prolétariat. Quelle ironic cruelle ! Après avoir considéré la Russie comme son grenier, l'Europe qui croyait, il y a quelques mois, y trouver le moyen de remédier à la cherté de la vie et de résoudre les problèmes économiques qui se posaient devant elle, est obligée de sauver aujourd'hui ce pays de la

mort.

Certes, c'est un devoir qui nous incombe à tous sans exception: peuples, gouvernements, institutions, de venir en aide à la Russie. Mais ce devoir s'impose avant tout à ceux qui sont les auteurs de cette situation, au Gouvernement de Moscou. Ou bien le peuple russe continuera à ne plus travailler et à mourir de faim, ou bien les bolchevistes devront quitter le pouvoir. Il n'y a pas d'autre issue.

Le salut de la Russie est entièrement entre les mains du Gouvernement de Moscou, et il ne peut sauver la Russie qu'à la condition de s'en aller. C'est ce que tout gouverne- ment ayant du cœur et du patriotisme aurait certainement fait à sa place; mais je crains fort que le Gouvernement bolcheviste de Moscou ne le fasse pas. Il s'efforcera de nous tromper en attendant notre secours, afin de prolonger sa misérable existence et de continuer son expérience fatale.

Les bolchevistes s'adressent maintenant indirectement à la Société des Nations, Rappelons-nous en ce moment que, dès les premiers jours de notre existence, ils se sont montrés les ennemis irréductibles de toutes nos Institutions de la Société des Nations, ainsi que du Bureau international du Travail, Ils nous ont traités d'institution bourgeoise et nous ont prêté des intentions inavouables. Quand on voit qu'ils ont eu l'au- dace d'opposer la troisième Internationale de Moscou à la Société des Nations, on a le devoir d'opposer ses principes et ses méthodes aux leurs.

productive power of the country diminished also, and as a result there are now milions of people flying eastward, living on earth and the bark of trees. All the reserves of Russia have been squandered, and squandered very largely In a propaganda the object of which was to produce the same terrible conditions elsewhere. The dictatorship of the prole- tarlat means the starving of the proletariat. What Irony that the granary to which we looked to remedy the evil of the high cost of living is now appealing to us, and we have to act to save that granary I

It is the duty of all of us to help, but it is also the duty of the authors of that misery to do something to alleviate It. Either the Russian people will continue not to work and continue to die of hunger, or the Moscow Government must go. It is their duty to withdraw, but I do not believe they will continue to try and deceive us, and to get our support in order that they may continue their nefarious course.

Bolshevism is the enemy of our institutions. They have accused the League of Nations of being a bourgeois institu tion; they have even had the impudence to attempt to oppose the Third International in Moscow to the League of Nations. Their method is to set classes at issue with each other—it is the antagonism of classes. Our method is the union of classes in the State and the union of States in the League of Nations. Therefore we must face the problem; we must save Russia from Bolshevism, for if Bolshevism continuest, then all our efforts for Russia will be in vain. I think of the two scourges, -Famine and Bolshevism-Bolshevism is the worse of the two.

I therefore propose an amendment, and I beg M. Motta to see whether he cannot accept it. I propose that we should begin Resolution No. 3 by these words:

The Assembly most severely condemns the economic and political system of the Soviet Government, and holds it chiefly responsible for the present catastrophe in Russia, and for the attempt to conduct a criminal propaganda with the object of causing similar catas- trophes in other countries."

The PRESIDENT.

Interpreter:

I suggest that we should now adjourn till this afternoon at 5.30 p.m.

-18-

The Assembly adjourned of 1,5 till 5.30 p.m.

Leurs principes et leurs méthodes consistent dans l'anta- gonisme des classes, dans la lutte Irréductible entre les classes dans l'Etat, comme entre les Etats dans la Société.

Nos principes sont, au contraire, dans la solidarité entre les classes dans l'Etat et entre les Etats dans la Société des Na- tions. Notre but, c'est le travail et c'est l'évolution.

Nous nous trouvons en présence du problème suivant: Lauver la Russie sans sauver le bolchevisie. En effet, si les bolchevistes se maintiennent encore au pouvoir après la catas- trophe de cette année, tout l'effort que l'on aura fait pour sauver la Russie era resté vain, parce que le maintien du bolchevisme en Russie équivaut à l'extermination progressive et assurée du peuple russe, et je ne crois pas qu'il soit de l'in- térêt de l'Europe de la provoquer.

le

Des deux fléaux, qui, depuis quelques années, accablent la Russie, dont l'un s'appelle le bolchevisme et l'autre la famine, premier est le plus terrible et c'est à lui qu'il faut penser. C'est pourquoi je vous invite à souligner mes observations de la façon suivante: je vais vous soumettre, en priant M. Motta de vouloir bien l'accepter, an amendement qui n'est pas bien grave, qui ne modifie en rien l'esprit de la résolution qu'il nous soumet, qui la complète seulement.

Je vous prie de vouloir bien écrire en tête du paragraphe 3 de la résolution la phrase suivante :

« L'Assemblée condamne avec la dernière vigueur le système économique et politique du Gouvernement des Soviets, en le rendant principalement responsable de la catastrophe actuelle en Russie, ainsi que des tentatives de propagande criminelle, ayant eu pour but de pro- voquer de pareilles catastrophes aussi dans d'autres pays..

Messieurs élevez votre voix dans un moment aussi tragique. Puisque vous ne pouvez donner au peuple russe aucun secours matériel, apportez-lui au moins un secours moral qui lui sera précieux et qui sera enregistré dans l'his. toire de la Russie pour l'éternité, (Applaudissements.)

M. le PRÉSIDENT. Je vous propose, Messieurs, de renvoyer la suite de la discussion à 17 heures 30. (Assent- ment.)

La séance est levée à 13 heures 5 minutes.

- 19-

Printed by Alb. Renaud, Geneva.

259

Comments

Approved members can add comments, bookmarks, and private notes.

No comments yet.

Private Research Note

Private notes are available after approval.